Rénovation énergétique : tout comprendre avant de se lancer dans vos travaux
12 mai 2026Acheter un bien immobilier commence toujours par la même question : jusqu’à combien peut-on emprunter ? La capacité d’emprunt détermine le budget disponible et conditionne toute la recherche immobilière. En 2026, les règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) encadrent strictement les conditions d’octroi des crédits. Voici comment calculer ce montant clé, étape par étape.
La règle des 35 % : le fondement du calcul
Les banques appliquent un taux d’endettement maximal de 35 % des revenus nets avant impôt, assurance crédit comprise. Ce seuil fixe la limite haute des mensualités que l’emprunteur peut supporter.
Le calcul de base s’articule ainsi :
- Mensualité maximale = revenus nets mensuels × 35 %
- Pour un foyer qui perçoit 4 000 € nets par mois, la mensualité maximale s’élève donc à 1 400 €.
À partir de cette mensualité, on remonte au capital empruntable grâce à un simulateur ou à la formule financière standard. En 2026, avec un taux moyen autour de 3,50 % sur 20 ans, 1 400 € de mensualité permettent d’emprunter environ 240 000 €.
Les banques intègrent dans ce calcul toutes les charges de crédit existantes : prêt auto, crédit à la consommation, pension alimentaire versée. Chaque euro de charge mensuelle réduit d’autant la mensualité disponible pour le futur crédit immobilier.

Quels revenus les banques prennent-elles en compte ?
La nature des revenus joue un rôle aussi important que leur montant. Les établissements bancaires distinguent les revenus stables des revenus variables, et n’intègrent pas tous les types de ressources de la même façon.
Les revenus retenus à 100 %
Les salaires en CDI, les pensions de retraite et les revenus de fonctionnaire entrent dans le calcul sans décote. La banque s’appuie sur les trois derniers bulletins de salaire et le dernier avis d’imposition pour valider ces montants.
Les revenus retenus partiellement
Les revenus locatifs subissent généralement une décote de 30 % pour tenir compte des vacances locatives et des charges. La banque retient donc 70 % des loyers perçus. Les revenus en CDD, intérim ou profession libérale font l’objet d’une analyse sur les deux ou trois dernières années d’activité.
Les revenus exclus ou peu valorisés
Les allocations familiales, les aides au logement (APL) et les revenus de placement ne comptent pas dans la grande majorité des dossiers. Certaines banques acceptent d’intégrer une partie des primes régulières si l’employeur les garantit contractuellement.
Exemple concret : calcul pour un couple
Prenons le cas d’un couple avec les revenus et charges suivants :
- Revenu net mensuel total : 5 500 €
- Crédit auto en cours : 250 € / mois
- Pas d’autre charge
Étape 1 — Mensualité maximale autorisée 5 500 € × 35 % = 1 925 €
Étape 2 — Déduction des charges existantes 1 925 € − 250 € = 1 675 € disponibles pour le crédit immobilier
Étape 3 — Capital empruntable Avec un taux de 3,50 % sur 25 ans, une mensualité de 1 675 € permet d’emprunter environ 305 000 €.
Étape 4 — Budget total En ajoutant un apport personnel de 40 000 €, le budget d’achat atteint 345 000 €. Il faut encore déduire les frais de notaire (environ 7 à 8 % dans l’ancien) pour obtenir le budget net disponible pour le bien lui-même.

Les trois leviers pour augmenter sa capacité d’emprunt
La capacité d’emprunt ne reste pas figée. Plusieurs actions concrètes permettent de l’améliorer avant de déposer un dossier.
1. Solder les crédits en cours
Rembourser un crédit à la consommation libère de la marge de mensualité. Un crédit auto à 200 € / mois soldé augmente mécaniquement la capacité d’emprunt de 30 000 à 40 000 € selon la durée choisie.
2. Allonger la durée du prêt
Passer de 20 à 25 ans réduit la mensualité et augmente le capital finançable. Cette stratégie a un coût : le montant total des intérêts progresse. Elle reste pertinente si le différentiel de capacité d’emprunt débloque l’accès à un bien mieux situé ou plus adapté.
3. Renforcer l’apport personnel
Un apport plus élevé réduit le capital à financer et rassure les banques sur la capacité d’épargne de l’emprunteur. En 2026, la plupart des banques exigent un apport minimum de 10 % pour couvrir les frais de notaire et de garantie.
Ce que le calcul ne suffit pas à anticiper
La capacité d’emprunt théorique donne un plafond, pas une certitude. Les banques analysent aussi le reste à vivre, c’est-à-dire la somme disponible après paiement de la mensualité. Pour un foyer avec enfants, un reste à vivre jugé insuffisant peut entraîner un refus même si le taux d’endettement respecte les 35 %.
Le profil bancaire entre également en jeu : la stabilité des comptes, l’absence de découverts récurrents et l’ancienneté professionnelle influencent la décision finale autant que les chiffres bruts.
Enfin, les conditions de taux évoluent d’un mois à l’autre. Un même dossier peut aboutir à des résultats différents selon le moment du dépôt. Multiplier les simulations et consulter plusieurs établissements reste la meilleure approche pour obtenir l’offre la plus favorable.
